Abris de glace

Par la fenêtre (3)

A l’orée brumeuse des légions empanachées (sentinelles immobiles et mornes) des tours et des églises avec les nuages repus pour couvre-chef et les cheminées, les paratonnerres, les antennes pour plumet d’impassibilité ;
A la lisière des portails, à la fonte des grilles et des remparts assoupis sous le poids du silence horizontal, poids du marbre terne des visages, des portées inertes des chatons des nues endiamantées d’averses et d’avions triangulaires ;
Sur l’écritoire emperlé d’ennui, de bruine alanguie et veule, des vitraux et des fenêtres ;
Sur le duvet léger des miroirs ;
Sur le vieil argent des gouttières, goutte après goutte ;
Aux angles des pierres ;
A la patère des lichens pleureurs, du squelette tristement géométrique des croix vierges de leur crucifié et des arbres tentaculaires dans la pince à épiler de la bourrasque ;
Au porte-manteau bossu et paralytique des coudes faiblement métalliques des grues endormies et des parapluies, ténébreuses corolles de fleurs jamais à naître, mortes en l’humus des ondées voyageuses qui s’attardent, leurs basques prises au faîte du toit ;
Tout le long du lacis cendreux des rues et des petits boulevards reclus en leur infinie spécularité ;
Berger sans houppelande et sans chien mené par la transhumance des trottoirs vers l’abri de la pluie ;
- un mois hors de saison accroche une infinité de billets doux, de faux reflets, de larmes en gélatine pour bluette cinéfilmée, de grêlons tièdes : novembre fait son lit dans le mien.

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