Abris de glace

Par la fenêtre (4)

Petite insomnie du gel, des cathédrales allongées dans le flot moribond du silence et des convois funèbres...
Roulure endimanchée de neige artificielle et de suie, haillons de nulle forme et d’aucune tempête : somnolente, la longue reptation d’un jour asthmatique et suburbain quand sans fièvre il se traîne (agonisant sans douleur) vers la fétide tanière des champs et des plaines (en leur obscure froideur) et leur toison pourrissante d’arbres et de marais (asile des orgues lépreuses, des fraticelles, des pendus et des chênes mendiants)...
Tamis grossier jonché de pépites noires, de geais et de mésanges imaginaires (dégouttants de brume, leur rémiges blêmes balayant la ville dans un grand raclement étouffé, chiche et de vigueur à nulle ivresse), le ciel s’éparpille, se délite, dissipe sa poussière d’humide moisson, émiette sa langueur insane au-dessus de ma couche veuve de festins innombrables (tous cloués désormais à ce volet de grise insignifiance qui masque les échafaudages à corps multifides de pendule), l’émiette et la disperse jusqu’aux yeux cernés et lourds, flottants, du phonographe épars (vertige inquiet aux ailes translucides d’un cygne prisonnier d’une contrebasse).
Un vol de colombes empennées de froidure se fige lentement dans mes cheveux tissés de patience, gibet plus que caresse pour les doigts encrochés du vent jaloux de sa tombe, pour ses doigts chargés de bagues véloces de cristal fauve et de poignards pour l’écrin de mon regard comble.

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