Abris de glace

Roman noir

Si quelqu’un d’autre que moi lit ceci, c’est que je suis mort — assassiné. Il n’est donc pas exagéré de prétendre que ceci est en quelque sorte mon testament. Tout ce que j’ai à léguer, c’est une énigme ; ou deux énigmes qui n’en font qu’une, ou bien encore une suite infinie d’énigmes, dont la seule pensée tantôt me donne le vertige et endort ma peur pour un temps, tantôt redouble l’angoisse qui me poursuit depuis ce matin, la décuple, la multiplie à l’infini. Depuis ce matin, l’intensité de ma peur suit une courbe exponentielle. Elle s’alimente d’elle-même, selon le schéma infernal de ces chaînes de la chance qui en ce moment propagent dans toute la ville leurs vagues sans cesse grossies : un matin, vous recevez une lettre anonyme, généralement postée depuis une boîte tout aussi anonyme de la poste centrale ; à l’intérieur de l’enveloppe, la photocopie — ou la photocopie de la photocopie — d’un message laconique et terrifiant. Soit vous photocopiez à votre tour ce message en treize exemplaires que vous posterez ensuite à treize adresses choisies au hasard dans l’annuaire de la ville, soit vous vous exposez aux pires calamités. Mathématiquement, quelques semaines suffisent pour que le processus s’enfle jusqu’à inonder chaque boîte aux lettres de la ville de dizaines puis de centaines de messages tous semblables et semblablement terrifiants, cela n’a pas de fin.
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